l’art de vivre en juin
Belle époque
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théâtre
Fin de Partie
Le théâtre de l’Atelier, à Paris, accueille « Fin de Partie » de Samuel Beckett, une lente agonie où le grotesque côtoie la métaphysique et le sublime. Porté par le duo Denis Lavant-Frédéric Leidgens, la pièce déploie toute la puissance du théâtre de l’absurde. Chaque jour Clov exécute les mêmes gestes : la journée commence dès le réveil de son maître Hamm, aveugle et prisonnier de sa chaise roulante, qui attend sa précieuse « fin de partie ». Puis, pour tuer le temps, le duo s’adonne à toute une série de rituels, peu à peu vidés de leur saveur d'origine : « On s’est bien amusé, puis on a pris l’habitude », lance Hamm, le maître de maison. Le seul lien des personnages avec le monde extérieur : deux fenêtres que Clov atteint « péniblement » avec un escabeau. L’une d'elles donne sur l’océan, l’autre sur la terre. Sous les ordres d’Hamm, Clov s’y hisse pour lui décrire ce qu’il y voit : « Tu as dit gris ? » « Noir clair. Dans tout l’univers ». Chez Beckett, l’espérance n’a plus l’éclat du vert, revêtant à la place toute la monotonie du gris. Malgré toute sa férocité, Fin de Partie est une comédie. Une comédie du désespoir certes, mais une comédie tout de même. Face à leur condition, les personnages oscillent entre apitoiement et autodérision. Le haussement des sourcils de Denis Lavant, les jeux de mains de Frédéric Leidgens : tout concourt à faire sourire le spectateur, et même rire lorsqu’il est nourri par la fulgurance des dialogues.

Du 5 juin au 14 juillet
Le théâtre de l’Atelier
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exposition
En Jeu ! Les Artistes Et Le Sport (1870-1930)
À l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, les premiers organisés depuis cent ans, dans la capitale, le musée Marmottan Monet présente du 4 avril au 1er septembre 2024, l’exposition intitulée «En jeu ! Les artistes et le sport (1870-1930)». À cette occasion, le musée retrace l’histoire visuelle du sport entre 1870 à 1930 à travers plus d’une centaine œuvres significatives provenant de collections publiques et privées d’Europe, des États-Unis et du Japon. De l’impressionnisme au cubisme, cet événement montre comment le sport, les sports et les sportifs furent érigés en sujets de la modernité puis des avant-gardes. D’origine aristocratique et anglaise, le sport s’accultura progressivement sur le continent européen et jusqu’aux Etats-Unis, en se démocratisant, entre spectacle et pratique, pour devenir au début du siècle suivant un loisir de masse. L’exposition s’attachera à comprendre les enjeux éthiques et les modalités esthétiques du regard porté sur les sports, non seulement par Monet, Degas, Caillebotte, Toulouse-Lautrec etc. à la convergence de pratiques élitaires (équitation, voile, escrime) et archaïques (lutte, boxe, jeux de balle), en s’interrogeant sur les significations métaphoriques de la figure héroïque de l’artiste en sportif, que caractérisent la détermination, l’endurance et une forme de résistance.

Du 4 mai au 15 septembre 2024
Musée Marmottan Monet
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Danse
From England with Love
"Ces danses tradi­tion­nelles qu’on exécute en groupe m’ont immé­dia­te­ment donné un senti­ment d’ap­par­te­nance et une sensa­tion de liberté."
HOFESH SHECHTER

Depuis qu’il s’est installé à Londres en 2004, Hofesh Shech­ter a imposé un style façonné par son histoire, fondé sur un enga­ge­ment physique explo­sif, une expres­si­vité réso­lu­ment émotion­nelle, des gestuelles théâ­tra­li­sées, trans­cen­dées par le son et sculp­tées par la lumière. À Jéru­sa­lem où il gran­dit et fait ses armes, il s’im­prègne de ballet, de danses tradi­tion­nelles juives, de danses modernes et de gestes quoti­diens. En Europe où il atter­rit, il puise dans ces diffé­rents corpus pour créer des choré­gra­phies qui résonnent comme des sympho­nies. Il conçoit From England With Love comme une sorte de lettre ouverte, hommage aux para­doxes d’un pays qui a su l’ac­cueillir avec ouver­ture et géné­ro­sité, mais reste traversé de zones d’ombres et marqué par un puis­sant atta­che­ment à des tradi­tions sécu­laires. Sur les musiques de compo­si­teurs anglais, qui se mêlent à un rock rageux, des échos de chœurs et autres disso­nances élec­tro­niques, ses inter­prètes nous entraînent dans les méandres de quêtes iden­ti­taires à multiples facettes.

Au Théâtre des Abbesses du 4 au 13 juillet
Réservation à partir de début juin